- Gazole
- Achat
Joshua Cocquet, éditeur. Texte du 30 octobre 2026. Aucun diplôme n'est revendiqué.
Acheter du gazole, c'est payer les litres qui manquent dans ce réservoir, à ce totem, maintenant. Ce n'est pas acheter le prix du milieu, ni l'écart d'accise avec l'essence. L'article sur le prix du gazole dit de quoi le litre est fait. Celui-ci dit combien en prendre, et où.
Exemple, pas une lecture du flux. Réservoir de 60 litres, 18 litres déjà dedans. Il manque 42 litres. Deux stations de route, ouvertes, gazole déclaré ce matin : 1,72 € et 1,79 €.
Le ticket, pas le réservoir entier
42 litres à 1,72 € font 72,24 €. À 1,79 €, 75,18 €. L'écart est 2,94 €. Remplir les 60 litres au lieu des 42, c'est acheter 18 litres de plus. À 1,72 €, 30,96 € qui restent dans la voiture. Ces 18 litres ne sont une bonne affaire que si le litre va monter de plus que ce que vous pouviez éviter. Le modèle ne le promet pas.
La prévision ne dit d'attendre que si le plein entier bouge d'au moins 1,50 €. Sur 42 litres, il faut un écart d'environ 3,6 centimes. Le calendrier de la semaine ne l'atteint pas. Acheter plus « au cas où » immobilise 30,96 € pour un mouvement que l'outil ne voit pas.
Deux totems, le même pistolet
Les deux prix sont du gazole, hors autoroute, déclarés depuis moins de 24 heures. L'écart de 7 centimes sur 42 litres fait 2,94 €. La station à 1,72 € est à 8 km aller-retour. À 5,5 L/100, le trajet brûle 0,44 litre. Au prix du litre que vous brûlez pour y aller, ici 1,76 €, cela fait 0,77 €. Le net est 2,94 − 0,77 = 2,17 €. Pour ce plein-là, le détour paie.
S'il ne manque que 15 litres, l'écart brut tombe à 1,05 €. Moins 0,77 € de trajet, il reste 0,28 €. Le même détour ne paie plus. Le seuil dépend des litres que vous achetez, pas du prix affiché seul.
- 01Sélectionnez Gazole. Un prix d'essence ne sert pas.
- 02Comptez les litres qui manquent, pas la taille du réservoir.
- 03Gardez deux stations ouvertes, du même réseau, avec une déclaration de moins de 24 heures.
- 04Retirez le carburant du détour. S'il reste moins d'un euro, achetez là où vous êtes.
Un bidon n'est pas un plein
Vingt litres en plus, dans un bidon, au prix de 1,72 €, coûtent 34,40 €. Pour que ce stock gagne 1,50 €, le litre doit monter de 7,5 centimes avant que vous le versiez. Le modèle, sur un choc déjà en cours, n'en fait passer qu'une part, avec un délai de neuf jours. Et un bidon n'est pas un réservoir : le site ne compte ni le risque, ni la place, ni le fait que le gazole stocké n'est pas le produit que la station vendira dans trois mois.
La saison non plus ne justifie pas l'achat d'avance. L'écart de janvier à juillet dans la table du modèle est 1,50 € sur 50 litres, et la médiane du jour contient déjà la saison en cours. Acheter en juillet pour janvier, c'est stocker un produit que le flux ne garantit pas.
Quand on n'achète pas
Une rupture de gazole n'est pas un prix. Le dernier chiffre sur la fiche peut être bas : le pistolet est à sec. Une déclaration de neuf jours non plus : les 2,17 € du détour supposent que le 1,72 € est encore sur le totem.
N'achetez pas le gazole le moins cher de France. N'achetez pas une aire en la comparant à une station de route. N'achetez pas de l'E10 à la place : ce n'est pas le même produit, et l'écart d'accise n'est pas l'écart du ticket. Le prix de l'achat est celui du totem, au moment où le pistolet est dans le réservoir.
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